Norme NF C 15-100 : ce qu'elle impose dans un logement
La norme NF C 15-100 fixe les règles de conception et de réalisation des installations électriques à basse tension. Dans un logement neuf ou entièrement rénové, elle impose notamment un nombre minimal de prises par pièce, des dispositifs différentiels 30 mA sur tous les circuits, une prise de terre, des volumes de sécurité dans la salle de bain et un tableau avec de la place en réserve. Sa nouvelle édition, publiée en août 2024, s'applique depuis septembre 2025. Elle n'oblige pas à refaire une installation existante.
Les prix en bref
| Prestation | Prix moyen TTC |
|---|---|
| Mise en sécurité (6 points de sécurité) | 1 000 à 3 500 € |
| Mise aux normes complète, au m² | 80 à 130 € |
| Rénovation électrique complète avec saignées, au m² | 100 à 150 € |
| Installation électrique d'une maison neuve, au m² | 80 à 120 € |
| Remplacement du tableau électrique (appartement) | 600 à 1 500 € |
| Remplacement du tableau électrique (maison) | 1 000 à 2 500 € |
| Remplacement d'un interrupteur différentiel 30 mA | 100 à 250 € |
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Ce qu'est la norme NF C 15-100
La NF C 15-100 est la norme française des installations électriques à basse tension. Publiée par l'AFNOR, elle décrit comment concevoir, dimensionner et réaliser une installation : protections, sections des câbles, nombre de circuits, emplacement des équipements. Elle vise les logements comme les locaux professionnels, en construction neuve comme en rénovation.
Une norme n'est pas une loi. Pour les logements neufs, l'arrêté du 3 août 2016 sur les installations électriques des bâtiments d'habitation s'y réfère : respecter la partie habitation de la norme vaut présomption de conformité. Le Consuel s'appuie aussi sur elle pour viser l'attestation de conformité exigée avant la mise sous tension d'une installation neuve.
Le texte complet de la norme est payant. Les règles citées ici sont celles que publient les organismes de la filière (Consuel, Promotelec) et les fabricants de matériel. Votre électricien dispose du texte et l'applique à votre cas.
L'édition 2024 : ce qui change
Une nouvelle édition est parue fin août 2024. Elle remplace la version de 2002 et ses cinq amendements. La norme unique devient une série de documents :
- NF C 15-100-1 : les règles générales ;
- parties 7 : les locaux et installations particuliers, par exemple les salles d'eau, les piscines ou les bornes de recharge (NF C 15-100-7-722) ;
- NF C 15-100-8-1 : l'efficacité énergétique ;
- NF C 15-100-10 : les bâtiments d'habitation.
Selon le Consuel, cette édition s'applique aux installations rénovées depuis septembre 2025 et aux constructions neuves depuis avril 2026, sauf déclaration contraire de l'installateur. La date de référence est en principe celle du dépôt du permis de construire. Elle n'est pas rétroactive : une installation réalisée selon l'ancienne version n'a pas à être reprise.
La partie habitation a peu changé. Les nouveautés portent surtout sur les règles générales : le parafoudre (la carte départementale des orages disparaît au profit d'une liste de cas et d'une analyse de risque simplifiée), des câbles aux performances au feu renforcées, des règles pour les prises équipées de ports USB et l'arrivée des détecteurs d'arc, proposés en complément des différentiels sans être obligatoires.
Les principales règles dans un logement
- Protection différentielle : tous les circuits sont protégés par des dispositifs différentiels 30 mA, avec au moins deux interrupteurs différentiels et 8 circuits au plus par différentiel. La plaque de cuisson, le lave-linge et la borne de recharge demandent un différentiel de type A (ou F, ou B).
- Prise de terre : prise de terre, liaison équipotentielle principale et conducteur de protection sur chaque circuit. Notre guide sur la mise à la terre détaille ces éléments.
- Prises de courant : un minimum par pièce (au moins 5 dans le séjour, 3 par chambre, 6 dans une cuisine de plus de 4 m²) et au plus 8 prises sur un circuit en 1,5 mm², 12 en 2,5 mm². Le détail figure dans notre article sur le nombre de prises par pièce.
- Circuits spécialisés : un circuit 32 A pour la plaque de cuisson et des circuits 20 A dédiés, un par appareil, pour le lave-linge, le lave-vaisselle ou le four.
- Éclairage : au moins un point lumineux par pièce, qui aboutit en principe à une boîte de connexion.
- Salle de bain : volumes de sécurité, matériel adapté à chaque volume et liaison équipotentielle supplémentaire, expliqués dans notre guide des volumes de la salle de bain.
- Tableau et gaine technique : un tableau avec 20 % de place libre, regroupé avec les arrivées et le coffret de communication dans une gaine technique logement (GTL) d'au moins 60 cm de large.
- Communication : des prises RJ45 dans les pièces principales, en nombre fixé selon la taille du logement.
Logement existant : pas d'obligation générale de mise aux normes
Aucun texte n'oblige un propriétaire à aligner une installation ancienne sur la dernière édition de la norme. Plusieurs situations imposent pourtant des règles :
- lors de travaux, la partie créée ou refaite doit respecter la norme en vigueur ;
- une installation entièrement rénovée, mise hors tension par le distributeur à la demande du client, doit obtenir une attestation Consuel avant sa remise sous tension ;
- un logement loué doit être décent : réseaux et branchements d'électricité conformes aux normes de sécurité et en bon état d'usage ;
- à la vente comme à la location, un diagnostic électricité est obligatoire si l'installation a plus de 15 ans.
Entre l'installation d'origine et la mise aux normes complète, il existe un niveau intermédiaire : la mise en sécurité. Elle traite six points : appareil général de commande accessible, différentiel adapté à la prise de terre, protection de chaque circuit contre les surintensités, liaison équipotentielle et règles de la salle de bain, absence de matériel dangereux ou inadapté, conducteurs protégés. Promotelec la présente comme une étape provisoire avant une mise en conformité.
Ce que coûte une mise en conformité
Une mise en sécurité coûte de 1 000 à 3 500 € selon le nombre de points à reprendre. Une mise aux normes complète se chiffre plutôt au m², de 80 à 130 €. Une rénovation complète avec saignées et rebouchage revient à 100 à 150 € le m². Pour un logement de 100 m², ce dernier budget dépasse donc souvent 10 000 €.
Ces prix, donnés à titre indicatif, varient selon :
- l'état de l'installation et ce qui peut être conservé (gaines, boîtes, tableau) ;
- la surface et le nombre de pièces ;
- la nécessité de faire des saignées puis de reboucher et repeindre ;
- la gamme de l'appareillage choisi ;
- la région, Paris et les grandes métropoles étant plus chères.
Bien préparer votre projet
- Faites un état des lieux : diagnostic électricité récent ou visite d'un électricien qui relève les points non conformes.
- Choisissez le niveau de travaux : mise en sécurité, mise aux normes complète ou rénovation totale, selon l'état de l'installation et vos projets (cuisine, salle de bain, chauffage).
- Demandez un devis détaillé : nombre de circuits, de prises et de points lumineux, composition du tableau, différentiels prévus, référence à la norme NF C 15-100.
- Prévoyez l'attestation Consuel si l'installation est entièrement refaite avec coupure par le distributeur, et demandez qui s'en charge.
- Conservez les documents : factures, schéma de l'installation et attestation. Ils serviront lors d'une vente ou d'une location.
Comparer les devis d'électriciens
Pour une mise en sécurité comme pour une rénovation complète, les écarts de prix entre entreprises sont importants. Un devis précis, circuit par circuit, permet de vérifier que l'électricien applique bien la norme et de comparer les offres à prestations égales. Décrivez votre logement et vos besoins sur notre comparateur de devis pour recevoir plusieurs propositions d'électriciens de votre secteur.
Questions fréquentes
La norme NF C 15-100 est-elle obligatoire ?
Elle s'impose en pratique dans le neuf : l'arrêté du 3 août 2016 sur les bâtiments d'habitation s'y réfère et le Consuel la vérifie avant la mise sous tension. En rénovation, les parties refaites doivent la respecter. Une installation ancienne n'a pas à être mise à jour à chaque nouvelle édition, mais elle doit rester sûre, et un logement loué doit être décent.
Quelle est la dernière version de la norme NF C 15-100 ?
La dernière édition date d'août 2024. Elle remplace la version de 2002 et ses cinq amendements et prend la forme d'une série de normes, dont la NF C 15-100-1 pour les règles générales et la NF C 15-100-10 pour l'habitation. Le Consuel l'applique aux rénovations depuis septembre 2025 et aux constructions neuves depuis avril 2026.
Faut-il mettre l'électricité aux normes pour vendre une maison ?
Non. Le vendeur doit fournir un diagnostic électricité si l'installation a plus de 15 ans, mais il n'est pas obligé de faire les travaux signalés. Les anomalies peuvent en revanche peser dans la négociation du prix. L'acheteur sait ainsi ce qu'il devra prévoir, par exemple une mise en sécurité ou une rénovation complète.
Combien de prises par circuit selon la norme NF C 15-100 ?
Un circuit de prises en 1,5 mm² protégé en 16 A accepte au plus 8 prises. En 2,5 mm² avec une protection de 20 A, le maximum passe à 12. Depuis l'amendement de 2015, chaque socle compte : un bloc de deux prises compte pour deux. Les prises de la cuisine ont leur propre circuit en 2,5 mm².
Sources
- La nouvelle norme NF C 15-100 : publication et dates d'application (Consuel) actualites.consuel.com
- Installations électriques : la nouvelle NF C 15-100 (Fédération française du bâtiment) ffbatiment.fr
- Brochure NF C 15-100, règles de l'habitat (Promotelec) balitrand.fr
- Logement décent : les critères (Service-Public.fr) service-public.gouv.fr
Prix donnés à titre indicatif, toutes taxes comprises, relevés en 2025 et 2026. Les règles et les aides citées peuvent évoluer : vérifiez-les auprès de l'organisme concerné avant de vous engager.