Réparations électriques en location : la part du locataire, la part du propriétaire
Dans un logement loué, le locataire paie l'entretien courant et les menues réparations électriques : remplacement des ampoules, des interrupteurs, des prises de courant, des fusibles et coupe-circuits, des baguettes ou gaines de protection. Le propriétaire paie ce qui vient de la vétusté, d'une malfaçon ou d'un vice : tableau usé, câblage à refaire, mise en sécurité. Il doit aussi louer un logement décent, avec une installation électrique sans danger. La liste de référence figure dans le décret n° 87-712 du 26 août 1987.
Les prix en bref
| Prestation | Prix moyen TTC |
|---|---|
| Remplacement d'une prise ou d'un interrupteur | 50 à 120 € |
| Dépannage électrique courant (recherche de panne) | 90 à 250 € |
| Remplacement d'un disjoncteur divisionnaire | 60 à 150 € |
| Remplacement d'un interrupteur différentiel 30 mA | 100 à 250 € |
| Remplacement du tableau électrique (appartement) | 600 à 1 500 € |
| Mise en sécurité (6 points de sécurité) | 1 000 à 3 500 € |
Fourchettes constatées en France, à affiner selon votre région, l'accès et l'état de l'installation. Seul un devis fait foi.
La règle de base
L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 met à la charge du locataire l'entretien courant du logement et des équipements, les menues réparations et les réparations locatives définies par décret. Il prévoit une exception : ces réparations reviennent au propriétaire lorsqu'elles sont causées par la vétusté, une malfaçon, un vice de construction, un cas fortuit ou la force majeure.
De son côté, le propriétaire doit remettre un logement décent, l'entretenir en état de servir et faire toutes les réparations autres que locatives. Pour l'électricité, la décence suppose des réseaux et branchements conformes aux normes de sécurité, en bon état d'usage, et une installation qui assure un éclairage suffisant et le fonctionnement des appareils ménagers courants.
Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 donne une liste des réparations locatives. Elle n'est pas exhaustive : un équipement absent de la liste n'est pas forcément à la charge du propriétaire.
Ce que le décret met à la charge du locataire
Pour les installations électriques, le décret cite :
- le remplacement des interrupteurs et des prises de courant ;
- le remplacement des coupe-circuits et des fusibles ;
- le remplacement des ampoules et des tubes lumineux ;
- la réparation ou le remplacement des baguettes ou gaines de protection des fils.
Le locataire assure aussi l'entretien courant : réarmer un disjoncteur, ne pas surcharger les prises, signaler rapidement une anomalie. Il ne doit pas transformer l'installation sans l'accord écrit du propriétaire, par exemple pour ajouter un circuit ou déplacer le tableau. Il peut changer lui-même une ampoule. Pour une prise, un interrupteur ou un fusible, mieux vaut confier l'intervention à un électricien.
Ce qui relève du propriétaire
- la mise en sécurité d'une installation vétuste ou dangereuse : absence de différentiel 30 mA, de prise de terre, fils apparents ;
- le remplacement du tableau électrique usé ou inadapté ;
- en principe, le remplacement d'un interrupteur différentiel ou d'un disjoncteur hors d'usage du fait de son âge, ces appareils n'étant pas cités par le décret ;
- la réparation du câblage encastré, des boîtes et des circuits ;
- la réparation ou le remplacement d'un chauffe-eau électrique en panne d'usure (résistance, thermostat), sauf défaut d'entretien prouvé ;
- le diagnostic électricité remis à la signature du bail, si l'installation a plus de 15 ans.
Dans un immeuble, les installations des parties communes relèvent de la copropriété, et non du propriétaire du logement.
Exemples concrets : qui paie
| Situation | Qui paie en principe |
|---|---|
| Ampoule ou tube grillé | Locataire |
| Prise arrachée ou cassée par un choc | Locataire |
| Interrupteur usé par l'usage | Locataire |
| Fusible fondu | Locataire |
| Baguette de protection des fils abîmée | Locataire |
| Prise qui chauffe à cause d'un câblage ancien | Propriétaire |
| Tableau à fusibles vétuste à remplacer | Propriétaire |
| Différentiel qui ne fonctionne plus après des années d'usage | Propriétaire |
| Absence de prise de terre ou de différentiel 30 mA | Propriétaire |
| Chauffe-eau électrique en panne par usure | Propriétaire, sauf défaut d'entretien |
| Circuit ajouté sans accord et mal réalisé | Locataire |
Ces cas illustrent la règle générale. Un défaut d'entretien prouvé, ou au contraire une vétusté manifeste, peut inverser la répartition. La facture de l'électricien, qui précise la cause de la panne, sert souvent de base pour trancher.
Panne ou danger électrique dans un logement loué
- Mettez-vous en sécurité : en cas d'odeur de brûlé, de fumée ou d'étincelles, coupez le disjoncteur général. Ne touchez pas un appareil mouillé ni une prise qui chauffe. En cas de brûlure ou d'électrisation, appelez le 18 ou le 112.
- Prévenez le propriétaire par écrit, avec des photos, même si la réparation vous semble locative.
- Faites intervenir un électricien pour toute intervention sur le tableau ou les circuits, et demandez une facture qui décrit l'origine de la panne.
- Déclarez un sinistre à votre assurance habitation si la panne a causé des dégâts (incendie, appareils endommagés).
Les travaux sur l'installation relèvent d'un professionnel. Le locataire comme le propriétaire ont intérêt à garder une trace écrite de chaque intervention.
En cas de désaccord
Commencez par un courrier recommandé avec avis de réception qui décrit le problème, avec photos et facture ou devis de l'électricien. Si le propriétaire reconnaît le défaut, demandez-lui par écrit les travaux prévus et leur délai. S'il conteste, mettez-le en demeure. Après deux mois sans réponse ou en cas de désaccord, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. Une conciliation gratuite est possible avant, auprès de la commission départementale de conciliation ou d'un conciliateur de justice.
Le juge peut ordonner les travaux, fixer un délai, réduire le loyer ou en suspendre le paiement jusqu'à leur réalisation. Continuez à payer votre loyer pendant le litige : le retenir de vous-même vous mettrait en tort. L'ADIL de votre département donne un avis juridique gratuit sur ces questions.
Faire intervenir un électricien et comparer les devis
Locataire ou propriétaire, demandez un devis détaillé qui sépare les pièces, la main-d'œuvre et le déplacement, et qui décrit la cause du problème. Ce document facilite la répartition des frais. Les prix indiqués plus haut sont donnés à titre indicatif et varient selon la région, l'urgence et l'état de l'installation. Pour un propriétaire face à une installation vétuste, notre guide sur l'installation électrique vétuste aide à choisir le niveau de travaux. Comparez plusieurs propositions grâce à notre comparateur de devis.
Questions fréquentes
Qui paie le remplacement d'une prise électrique en location ?
Le remplacement des prises de courant et des interrupteurs fait partie des réparations locatives listées par le décret n° 87-712 : il est à la charge du locataire. Le propriétaire paie si la prise est hors d'usage à cause de la vétusté de l'installation, par exemple un câblage ancien qui chauffe, ou d'une malfaçon.
Le changement du tableau électrique est-il à la charge du propriétaire ?
Oui, en principe. Le remplacement d'un tableau usé, à fusibles ou inadapté dépasse les menues réparations et relève de l'obligation du propriétaire de louer un logement décent et sans danger. Le locataire reste responsable des fusibles et coupe-circuits à remplacer, ainsi que des dégâts qu'il aurait causés par une mauvaise utilisation.
Qui paie l'électricien en cas de panne dans une location ?
Cela dépend de la cause. Si la panne vient d'une pièce d'usage courant, comme un interrupteur, une prise ou un fusible, la facture revient au locataire. Si elle vient de la vétusté de l'installation, d'un défaut de câblage ou d'un appareil du tableau usé par l'âge, elle revient au propriétaire. La facture doit préciser l'origine de la panne.
Le locataire peut-il faire des travaux électriques sans accord ?
Le locataire peut remplacer à l'identique une prise, un interrupteur ou une ampoule. En revanche, il ne peut pas transformer l'installation sans l'accord écrit du propriétaire : ajout de circuit, déplacement du tableau, nouvelle prise encastrée. À défaut, le propriétaire peut exiger la remise en état à son départ, à ses frais.
Sources
- Bail d'habitation : entretien et réparations à la charge du locataire (Service-Public.fr) service-public.gouv.fr
- Logement décent : critères et recours du locataire (Service-Public.fr) service-public.gouv.fr
- Diagnostic immobilier : état de l'installation intérieure d'électricité (Service-Public.fr) service-public.gouv.fr
Prix donnés à titre indicatif, toutes taxes comprises, relevés en 2025 et 2026. Les règles et les aides citées peuvent évoluer : vérifiez-les auprès de l'organisme concerné avant de vous engager.